Archive for décembre, 2009


Le 1 Septembre 1915 au
soir parti de Concevreux à
9h du soir passé par tra-
versé le canal de la marne,
l’Aisne, et cantonné à la
belle étoile au milieu d’un
champ arrivé à 11h
Le 2 Sept 1915 passé la
journée dans le bois, la
nuit sommes allés faire des
tranchées en avant de pre
mière lignes à 300m
des boches.
Le 3 Sept idem

Le 12 Sept parti du canton
nement allé faire des tran
chées comme au paravant
le matin à 4h relevés le
112eme en première ligne.
Le 13 Sept dans les tranchées.
Le 14 Sept pris la garde au
petit-poste jusqu’au soir 8h

La construction des tranchées

Au niveau du secteur dévolu au 55eme ( voir la carte google ) les lignes allemandes sont situées à 700 m, distance bien trop grande pour tenter une attaque. Tout le régiment est employé à de lourds travaux de creusement de tranchées en vue de se rapprocher à 150 m des lignes ennemies, distance « convenable » ( JMO de la brigade ) pour pouvoir lancer une attaque. Même si la distance est grande avec l’ennemi, la situation des hommes n’en est pas moins dangereuse, des tir d’artillerie de réglage font quelques pertes parmi les travailleurs. On note dans le journal de marche de la brigade que ces travaux sont méticuleusement préparés, jusqua l’accrochage des fils téléphoniques le long des tranchées.

Presque tous les soirs pendant 10 jours , les compagnies du 3e Bataillon du 55e sont envoyées du bois Beau-Marrais ou il bivouaque vers les premières lignes ou elles réalisent tous ces travaux .

Le petit poste

Gustave SAGNES dit prendre la garde au petit poste de son secteur le 14 jusqu’à 8h du soir, or , dans le JMO du régiment le commandant note que vers 1h30 ( du matin ) un petit poste est attaqué et magrés un tué et quatre blessés il refoule l’attaque. Il n’y a pas d’annotation particulière dans le carnet sur un tel événement.

Guillaume Apollinaire

Ce secteur est situé à environ 500m à gauche de l’emplacement ou sera blessé Guillaume Apollinaire par un éclat d’obus à la tempe en 1916. Blessure jamais guérie qui, avec la grippe espagnole, causera sa mort en 1918.

SHDGR__GR_26_N_547__002__0021__T-plan-craonesource :http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Le 22 Août Dimanche idem
Le 23 lundi passé journée à
Haramont (aisne)
Le 24 Août idem
Le 25 Août idem
Le 26 Août idem le matin
allé au tir à 700m au dela
de Villers-Cotterets arrivés
mangé la soupe à 12h
Le 27 Aout 1915
Le 28 Aout 1915 parti à
1h du matin de Haramont
passé par Villers-Cotterets,
Fleury,Corcy, St Rémy
Blanzy, Grand-Rozoy,
arrivé à Cramaille (aisne)
à 2h du Tantôt après
avoir bouffé 30 Kilom
Cantonné la journée du
29 Août.
Le 30 Août reparti à 4h
du matin passé par
Mareuil-en-Dôle,Chery-
Chartreuve, Fismes, arrivé à
Courlandon à 4h du tantôt
après avoir bouffé 25 Kilom.
Le 31 septembre Août parti
de Courlandon à 7h du
soir passé par Romain
arrivé à Concevreux à
11h du soir apres avoir
fait 12 Kilom.

un « Taube »
Le 22 août un « Taube », un avion d’observation/bombardement biplace allemand survole la ville, et lâche 2 bombes près de la gare blessant le Sergent vaguemestre Rieubon du 55eme.

Notes du JMO :

D’apres le JMO de la 251e Brigade, tous les régiments sont mis à l’entrainement dans leurs cantonnements respectifs. Il semble que l’état major ai pris conscience que la mobilité des unités sur le terrain était devenue moins importante que sa capacité à résister sur ses positions. Les hommes sont donc entrainés d’une part à marcher avec tout leur équipement pour les préparer à rejoindre des positions où il devront rester plus longtemps et réaliser des travaux de constructions défensives exténuants, d’autre part ils sont entrainés au tir à courte portée ( 200 m ) ce qui correspond à la profondeur de champ maximum entre les positions fortifiées françaises et allemandes. Chaque commandant de régiment reçoit l’ordre de trouver ces champ de tir pour l’exercice à proximité des cantonnements. La guerre de mouvement est bien finie.

Le régiment parcours donc plus de 70 km en trois jours de marche ( forcée ) avec tout l’équipement.

Craônne

Le secteur où est envoyé le régiment est situé au sud-est de Craônne, un endroit plustôt « calme » car les tranchées allemandes et françaises sont très éloignées ( 500m à 1 Km ). Mais ce secteur de Craônne deviendra par la suite tristement célèbre, les troupes française seront envoyées juste au nord de Craônne pour prendre un chemin au sommet d’une pente abrupte truffée de défenseurs allemands, le « Chemin des dames » .

Le 5 août fait des
tranchées dans la forêt
Le 6 août idem
Le 7 août idem
Le 8 août Descendu aux
barraquements Monhoven
Le 9 idem
Le 10 idem parti de bar
raquements à 12 h du
matin passé par Le Claon
Neufour, Les Islettes,
La Controlerie, et Futeau
ou nous avons cantonné
nous avons traversé tout
ces patelin au soir (..)
Le 11 août idem
Le 12 août idem
Le 13 août parti à 4h du
soir en Automobiles passé
par Rieucourts,Givry -
en-Argonne et arrivé
à 7h au Chatelet(Marne)
ou nous avons Cantonné
Le 14 Août idem
Le 15 Août idem
Le 16 Août idem
Le 17 Août idem
Le 18 Août idem
Le 19 Août idem
Le 20 Août à 9h du soir em
barqué à la gare de Sommeille
(Meuse) passé par Chalons-s-Marne
Epernay,La Ferté-sous-Jouarre,
Meaux,Ebly,Lagny,Chougny
Pomponne,Chelles,Bondy,Le
Bouget à 5k de Paris, Blanc-
Mesnil,Drancy,Sevran, Lury
Vert-Gallant, Villeparissis
Mitry, Claye arrivé à la gare
de Villers-Cotterêts à 1h
du tantôt ou de là nous
sommes allés contonné à
4 Kilom de là au patelin sur
nommé Haramont dans
l’Aisne le 21 Août.

Monhoven

Il m’a été très difficile de retrouver l’emplacement de ce camp. Certes il devait être dans le secteur du Claon mais sa position exacte n’était mentionnée nulle part. Cependant, au hasard d’une recherche sur google, dans un autre carnet de guerre, ces baraquement étaient mentionnés, ainsi que d’autres près d’un carrefour, à la croix de pierre, lieu mentionné sur les cartes ign.

Image0009aLe 24 Juillet passé la
journée en première ligne
vers 8h du matin il se pro
duisit un combat acharné
de pétards, bombes et
grenades, suivi de bom
bardement ou fut tué
ensevelis 3 soldats, Romain
Séguy et Chennes, mon
caporal fut blèssé, ainsi
que Valette, de 10h à 3h pris
la garde au petit poste
A 4h passé changé de
tranchée toujours en
première ligne.
Le 25 Juillet en première
lignes, les boches sont à
35 metres, un petit poste
à 5 mètres.
Le 26 Juillet en première ligne
jusqu’à 6h du soir de la relève
et passé en arrière dans des
barraquements à Monhoven
Le 27 Juillet idem
Le 28 Juillet idem
Le 29 Juillet idem
Le 30 Juillet idem
Le 30 à 12 du soir relève
dans le même secteur un
petit peu plus à gauche
que la fois précédente.
Le 1 Aout idem
Le 2 Aout idem
Le 3 Aout idem
Le 4 Aout idem relève
le matin à 4h passé en
arrière en réserve à 300
metres de la ligne de feu.

Le paysage :

L’arrivée dans les zones de combats de la forêt d’argonne a du être très impressionnante pour les nouveaux soldats arrivés en renfort de l’arrière. La forêt d’argonne est très dense et verdoyante, mais à l’époque, tous ses sommets étaient  ravagés par les bombardements, les arbres sans branches coupés à mi-hauteur ,au milieu d’une terre retournée parsemée de cailloux grisatres. Tout le front devait être comme cela, une cicatrice continue au milieu d’une forêt très dense et colorée ou on voyait les tranchée et les barrages d’artillerie . Comme j’ai pu le lire dans beaucoup de témoignages, certains disaient en arrivant devant ces paysages :  ‘ici, on vit, là bas on meurt’.

Rapport de combat :

Les positions françaises se situent sur la crête de la « Fille Morte » et les allemandes en contrebas au nord. L’ennemi a entreprit des travaux de sape pour placer des mines sous les positions françaises, seul moyen pour lui de bouleverser ces positions afin de les envahir.  Autant dans le JMO du régiment que dans celui de la brigade, il n’est mentionné de combat le 24 Juillet en dehors de l’extrême droite du secteur. Le 3eme bataillon (Felici) est à l’extrême droite (à l’est) du dispositif. C’est la 9eme compagnie du Capitaine Roux qui subit la première attaque de mine.

Le combat relaté dans le carnet est donc très probablement celui là. La localisation sur la carte, les positions des bataillons à ce moment là,  l’absence de combat dans les autres secteurs et le fait qu’il cite ses camarades tués ou blessés montre qu’il participe bien à cette attaque.

Cette mine semble avoir explosé trop en avant des lignes française, dans le no-mans-land, car sur journal de la brigade le rapport indique que les positions allemandes ont aussi été touchées par l’explosion. L’ennemi essaye de s’emparer sans succès de l’entonnoir créé mais il a déjà été investi par la compagnie qui le défend avec succès et quelques pertes. Comme il n’y a pas de petit poste déjà établi dans ce secteur car il est en construction, celui qui est relaté dans le carnet où Gustave va prendre la garde est très certainement la lèvre nord de l’entonnoir qui doit être assez proche des lignes allemandes ( 30m entre les lignes d’après le plan) , entre 10 et 20 mètres.